Collectif BOGOKE
Jeudi 16 octobre – 20h30
BOGOKÉ Collectif est un laboratoire de création né au Burkina Faso en 2021, fondé par la photographe et dessinatrice KEKE en collaboration avec les artisans de l’association BAOBAB.
Le nom BOGOKÉ s’inspire des cultures et langues d’Afrique de l’Ouest: BOGOLAN, teinture traditionnelle « issue de la terre » ; BOGO, « Terre » en Dioula; et WAKÉE, évoquant l’ensorcellement.
Ensemble, ces mots symbolisent la transformation et la réinvention, un dialogue entre matière, culture et mémoire.
Avec le soutien des tisserands de BAOBAB, le collectif expérimente le Tissage DINANA, un processus où des déchets souples récupérés dans les décharges de Ouagadougou sont lavés, découpés et tissés sur des métiers traditionnels. Chaque pièce devient ainsi un pont entre l’art contemporain et le savoir-faire ancestral, incarnant l’identité et la créativité du collectif.
« L’ARTISANAT, PILIER DE MÉTAMORPHOSE À NOS EXCÈS »
Depuis sa création, BOGOKÉ Collectif s’engage dans une réflexion active sur les déchets qui nous entourent et sur l’environnement dans lequel nous vivons.
À travers ses projets, le collectif invite à questionner nos racines, nos gestes quotidiens de consommation, ainsi que les liens entre déchets matériels et déchets émotionnels.Les arts visuels et le tissage traditionnel deviennent ici des outils de questionnement et d’engagement.
Les installations artistiques et les ateliers de média3on proposés par BOGOKÉ s’appuient sur l’intelligence collective pour créer un dialogue entre public et matière, entre mémoire et innovation.
• Photographie, dessin, vidéo : ces médiums universels travaillent le regard et les émotions. Chaque image devient un symbole, un élément d’un vocabulaire visuel en constante construction, capable d’ouvrir des perspectives. Les photos en couleur mettent en lumière la surabondance de déchets dans notre consommation quotidienne.
• Artisanat et tissage traditionnel : enracinés dans la culture locale, ils rappellent la valeur du geste humain et du temps. Les Tissages DINANA signifiant « ce qui a été jeté ». Chaque pièce devient un acte de réparation, reliant passé et futur, matérialité et pensée.
Ces créations illustrent l’omniprésence du plastique dans nos vies et interrogent ce que nous avons collectivement oublier : nos savoir-faire, nos symboles, nos rituels, nos identités.
« L’image est là pour montrer les problématiques et imaginer un futur commun. Le tissage vient poser l’action de réparation qu’il nous faut créer pour passer de l’un à l’autre. » KEKE
BOGOKÉ Collectif créait ainsi un vocabulaire visuel et tactile qui questionne nos modes de vie, célèbre la mémoire culturelle et propose des solutions créatives et poétiques face aux enjeux environnementaux contemporains.
Les oeuvres du collectif BOGOKE
« MEDIATION À TRAVERS LE GESTE ET L’IMAGE »
Le collectif dépasse alors nos logiques d’accumulation. Bogoke ne cherche pas ici la création d’une oeuvre au design unique mais à créer un symbole de message durable. Du rien renait le collectif.
Pensé en blanc, le navire est un messager de paix. Cette paix fragile, se trouve autant dans nos territoires que dans nos espaces intérieurs. Le Navire à Tisser incarne l’idée que réparer le présent, c’est panser les cicatrices à venir, empêchant ainsi la pérennité des crises et ouvrant un futur où la résilience et la création sont possibles.
Le Navire à tisser
Lauréat du Prix Métis 2024, le Navire à Tisser est la première oeuvre emblème du collectif BOGOKÉ, réalisée en collaboration avec l’artiste sculpteur Sahab Koanda.
Inspirée du métier à tisser traditionnel, cette embarcation entièrement démontable est conçue à partir de matériaux de récupération, mêlant mémoire artisanale et conscience écologique.
Première oeuvre médiatrice du collectif, le Navire à Tisser a pour vocation de porter le geste du tissage dans toute structure souhaitant l’accueillir. Il est accompagné d’ateliers de médiation qui interrogent nos pratiques de consommation et la problématique des déchets, valorisant l’artisanat comme contrepoids à la sur-industrialisation et à la sur-consommation.